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Interview de Cédric Atangana – Jeune diplômé et jeune entrepreneur

Interview de Cédric Atangana – Jeune diplômé et jeune entrepreneur

Pour ceux qui suivent assidûment l’actualité de l’école, vous n’êtes pas sans savoir que nous avons célébré en novembre dernier la remise des diplômes des promotions 2015 Polytech Marseille. Pour celles et ceux qui souhaitent un petit récap’ voici larticle concocté par nos soins juste pour vous. Encore une fois notre chère école nous gratifie d’une promotion de jeunes gens talentueux !

Issu de ce grand cru de la promotion 2015, Cédric Atangana, jeune diplômé et aussi jeune entrepreneur.

Un talent et une énergie folle! Cédric, un pur produit Polytech!

Un talent et une énergie folle!
Cédric, un pur produit Polytech!

 

Son entreprise, Infinity Space, est une start-up qui a neuf mois d’existence et au palmarès déjà impressionnant! Entre autre, meilleure start-up innovante au Google I/O Pitch Night (mai 2014 – San José USA), classée deuxième au ONE MILLION POUND Startup Challenge (novembre 2013-Londre) et des articles dans le Point (août 2015), les Echos Business (avril 2015) et même dans le prestigieux magazine Forbes (juin 2015). Et comme on ne se refuse rien, ils ont également été reçu par notre cher Président lors du Forum Economique de la Francophonie en octobre 2015!!

 

J’ai eu le plaisir d’échanger avec Cédric afin qu’il partage son histoire. Voici rien que pour vos jolies mirettes, le résumé de notre entretien.

Benjamin LOMBARD: “Bonjour Cédric!”

Cédric ATANGANA:

“Bonjour Benjamin.”

Benjamin LOMBARD: “Pourrais-tu commencer par te présenter rapidement?”

Cédric ATANGANA :

“Je suis Cédric Atangana , j’ai 24 ans, jeune diplômé Polytech Marseille en Génie Industriel et Informatique (promo 2015), je suis d’origine camerounaise et je suis fondateur de la jeune start-up innovante Infinity Space sur Marseille.”

Benjamin LOMBARD :

“Jeune diplômé et jeune entrepreneur, ça fait quand même super classe ! Pourrais-tu présenter l’entreprise, l’équipe et votre projet?”

Cédric ATANGANA :

Infinity Space est une tech start up, nous sommes une équipe de sept personnes issues de quatre nationalités différentes : camerounaise, kéniane, française et chinoise. Notre mission est de challenger l’impossible ! Faire des impossibles des possibles !

Parmi ces challenges, en Afrique 80% de la population n’a pas de compte en banque et de carte bleue. De ce fait, c’est un marché inaccessible pour des entreprises occidentales et notamment les acteurs du e-commerce.

Notre projet consiste à relier ces acteurs du e-commerce avec les marchés émergents via une plateforme capable de relier des solutions de “mobile money” (i.e. systèmes de paiement via SMS simple et applications mart-phones) déjà en places avec le système bancaire traditionnel et l’univers du Bitcoin.”

Benjamin LOMBARD :

““Challenger l’impossible” c’est le summum de l’ambition, c’est chouette, il en faut des gens comme ça ! Du coup ce projet : d’où est venue cette idée ?”

Cédric ATANGANA :

“Tout part d’une petite histoire. Avant de venir en France, j’ai été responsable des communautés de développeurs au Cameroun pour Google. Lors du concours Google cloud developer challenge (avec un prix de 100.000 € ), j’ai dû enregistrer les requêtes de beaucoup de mes amis développeurs venant de plusieurs pays d’Afrique sub-saharienne et du Nord qui n’ont pas pu participer. En effet, l’une des conditions pour s’inscrire était de communiquer des coordonnées bancaires or la majorité n’avait pas de carte bleue. Et cela a été très frustrant pour moi.

La seconde partie de l’histoire est lors d’un voyage à Nairobi (Kenya) pour participer à un autre événement Google. Après l’événement, je suis allé me balader au Masai market avec l’idée de ramener de jolies souvenirs à mes amis en France. En discutant avec une vendeuse, celle-ci m’explique qu’elle refuse d’être payée avec mes kenya shilling (échangé contre mes euros) ! En effet, elle refuse d’avoir des liquidités sur elle de peur de se faire agresser en rentrant du marché. Évidemment, je lui demande “Comment je fais pour te payer moi?” et elle me répond “avec M-pesa” qui est le système de paiement mobile où tout est dématérialisé. Si j’ai d’abord été un peu choqué (même à Marseille il y a des distributeurs partout :D), je suis rentré en racontant à mes amis que ce système était une solution magnifique et qu’il y avait quelque chose d’intéressant à faire dessus. Et en nous renseignant sur M-pesa, nous avons été surpris qu’il ne soit pas possible de s’en servir pour réaliser des paiements sur le web !

Pour nous il était évident qu’il manquait quelque chose dans ce système : d’un côté un marché africain demandeur mais peu accessible pour le e-commerce et de l’autre un système de monnaie dématérialisée en place et fonctionnel.

Face à cette situation parfois frustrante, en tant que développeurs, nous avons décidé de travailler sur la brique technologique manquante pour permettre aux gens de payer en ligne et aux entreprises du e-commerce de récupérer les paiements.

Benjamin LOMBARD :

“Donc nous savons d’où vient l’idée. Maintenant pourrais-tu résumer l’histoire de votre projet et les principaux jalons ?”

Une partie de l'équipe fondatrice d'infinity Space: Cédric, Marcelle, Song et Reine.

Une partie de l’équipe fondatrice d’infinity Space: Cédric, Marcelle, Song et Reine.

Cédric ATANGANA :

“De retour de mon voyage au Kenya, j’ai partagé mon expérience avec mon amie Reine (Mlle KUNGNE est aujourd’hui co-fondatrice), qui elle a un background en finance et administration des entreprises. Je lui ai dis “il y a quelque chose à faire mais je n’y connais rien en finance, administration, etc. (je ne savais même pas faire un bilan comptable)”. Nous avons donc travaillé dessus ensemble, puis nous avons été rejoint par une autre amie Marcelle avec une formation dans le marketing (Mlle BALLOW également co-fondatrice) et M. Jules-Herve MOUT (ainé academique a GII Polytech Marseille – co-fondateur également). Avec cette équipe pluridisciplinaire, nous avons commencé à faire grandir et évoluer l’idée de départ.

En parrallèle à cela, j’avais également gardé contact avec Mercy ORANGI et Kenneth KINYANJUI au Kenya. Ils travaillaient plus “sur le terrain” pour mieux comprendre le fonctionnement du mobile money. Nous avons donc dû travailler à distance, ce qui est la partie la plus fun et la plus difficile en même temps.

Tout cela nous a mené à San Francisco, à la Sillicon Valley, pour participer au Google IO Pitch Night en 2014. Nous avions décidé d’y participer pour se faire des contacts et découvrir un peu cet univers. A notre plus grande surprise, après 60 secondes de pitch nous avons été classés meilleure start up et nous avons gagné 20.000 dollars! Ce qui a fini par nous convaincre qu’il y avait quelque chose à faire et qu’il fallait se lancer !”

Benjamin LOMBARD:

“Woaaw ! 20.000 dollars en 60 secondes je veux bien ta recette ! Plus sérieusement, maintenant que le projet est mieux défini et que vous êtes une équipe en place, quel est pour toi l’avenir du projet à court et moyen terme?”

Cédric ATANGANA :

“A court terme, on aimerait finaliser le projet, sortir de la version bêta et de la phase de R&D. L’objectif est de sortir le système avant mi- 2016

pour le tester sur notre marketplace weshopup. Oui nous avons aussi développé une “market place” (ou plate forme internet de business to business) pour mieux comprendre les métiers du e-commerce. L’objectif est aussi pour permettre aux petits commerçants en Afrique (comme la vendeuse du Masai market) d’avoir une plate-forme pour vendre leurs produits sur le web. Mais également pour permettre aux vendeurs en Europe d’exporter en Afrique.

WeShopUp, la "market place" d'Infinity Space

WeShopUp, la “market place” d’Infinity Space

A moyen terme, notre objectif est de devenir le leader de paiement mobile entre l’Afrique et le monde. A très long terme, on souhaite devenir la pierre angulaire du système financier entre les 5 continents.”

Benjamin LOMBARD:

“Un beau projet avec de beaux objectifs, on vous souhaite de réussir ! Maintenant j’ai quelques questions plus sur ton expérience personnelle afin de la partager avec le réseau. Tout d’abord, quels ont été les principaux obstacles dans cette aventure  en tant qu’étudiant ?”

Cédric ATANGANA :

“Principalement le temps. Il a fallu trouver le temps avec le cursus extrêmement lourd de Polytech. Les cours niveau école d’ingénieur c’est de 8h à 18h tous les jours sans compter  les devoirs, les examens, etc. Il a donc fallu se surpasser pour faire les 5h de travail en plus sur le projet après une journée standard à Polytech.

Ensuite lorsque le projet a commencé à se cristalliser, trouver du financement a été extrêmement difficile pour nous en tant qu’étudiants. Faire des petits jobs pour récolter 100 euros à droite à gauche pour acheter le matériel et les outils techniques pour développer le prototype. Le tout sans apport, aides ou subventions.

De plus, en tant qu’étudiant étranger, j’ai dû découvrir le droit français qui régit les systèmes financiers. C’est un domaine extrêmement régulé, il fallait apprendre la réglementation au niveau de la banque de France, le droit du travail, etc. Tout ce qu’on ne nous enseigne pas à Polytech, ça a été le plus gros de nos challenges. Venant du Cameroun, j’avais une vision du monde centrée sur les réalités de là-bas.

Enfin, comme je l’ai dit avant, la distance avec mes collaborateurs : deux co-fondateurs au Kenya, deux à Marseille, une personne à Tours, une à Bordeaux. Accorder nos agendas, la barrière de la langue puisque ceux du Kenya parlent anglais et nous en français. Il a fallu trouver l’équilibre entre tout ça mais avec beaucoup de passion et la convergence de nos objectifs individuels en but commun nous a permis d’y arriver!”

Benjamin LOMBARD :

“Après les obstacles et pour continuer avec quelque chose de plus positif, qu’est ce qui a été le plus fun pour toi pendant cette aventure?”

Cédric ATANGANA :

“Nos premiers meeting. L’équipe au Kenya était 100% anglophone et où nous ne parlions pas anglais (du moins à l’époque). Cela a donné lieu à des situations où on a dû travailler ensemble malgré la barrière de la langue et le tout à distance. Aujourd’hui  dans nos meeting on parle anglais, français mais aussi un peu de chinois avec Song ZHANG notre collaborateur asiatique. Tout ça est à la fois challengeant et très fun, on en ressort grandi !”

Benjamin LOMBARD :

“C’est une belle façon d’apprendre une langue étrangère en effet ! Aujourd’hui en tant que jeune diplômé, quel serait ton conseil aux autres jeunes diplômés et aux étudiants?”

Comme tout bon développeur qui se respecte, Cédric ne porte que des Google glass.

Cédric au Google I/O Pitch Night où son équipe est lui remporteront la première place des start-up innovante!

Cédric ATANGANA :

“ Un seul mot, c’est rêvez! Rêvez, rêvez, rêvez! Pourquoi rêvez, parce que nous avons eu le rêve de rendre cette aventure possible, de transformer ce besoin en réalité. Pour cela il a fallu qu’on se projette dans l’avenir, qu’on se lance dans des domaines que l’on ne maîtrisé pas. La finance, la réglementation, tout ça on ne connaissait pas! Mais le rêve, la passion qui nous animaient nous a amené à créer cette entreprise qui a neuf mois d’existence aujourd’hui. Pour nous c’est l’accomplissement d’un très long parcours du combattant. Nous avons travaillé trois ans sur le projet, aujourd’hui l’entreprise est créée et c’est principalement parce que nous avons rêvé à un moment.

Benjamin LOMBARD :

“Si tu avais un conseil à donner aux entrepreneurs, quelque soit leur âge et leur expérience?”

Cédric ATANGANA :

“Un autre mot : Foncez, foncez, FONCEZ! Il ne suffit pas de rêver, il y a un moment il faut se lancer. “Un entrepreneur, c’est celui qui saute du haut d’un immeuble sans parachute et qui pendant sa chute se débrouille pour construire une fusée ou autre chose pour ne pas toucher le sol” (Reid Hoffman co-fondateur de LinkedIn). Il ne faut pas avoir peur de l’inconnu, croire en soi et se dire que tout est possible. C’est d’ailleurs pour cela que “challenger l’impossible” est le slogan de notre start-up; si une situation paraît impossible c’est là que ça devient intéressant, que les enjeux deviennent importants. Le mot c’est donc “FONCEZ” !!

Benjamin LOMBARD :

“Le message est plus que clair, en espérant que cela motivera et encouragera un maximum de personnes à suivre ton exemple. C’est un bel exemple pour le monde du travail aujourd’hui où, dans certains projets, on a tendance à vouloir minimiser voir éliminer le risque. Pour conclure, merci pour ton temps (je t’en ai pris pas mal) et je te laisse le mot de la fin.”

Cédric ATANGANA :

“Tout d’abord merci à l’association Alumni Polytech Marseille de m’avoir laissé un peu d’espace pour m’exprimer. Je remercie tout le staff de l’école pour nous avoir donné le goût de la science et de l’ingénierie. J’ai appris grâce à l’aventure de la création d’entreprise et à l’école qu’être ingénieur c’est être quelqu’un qui sans avoir la connaissance va apprendre, va chercher le savoir et l’appliquer pour mettre en place une solution à un problème. Pour moi, c’est la leçon la plus importante que j’ai pu tirer de mon cursus à Polytech, on ne nous apprend pas à tout savoir, mais à chercher les informations qu’il nous manque pour résoudre un problème.

Enfin, je voudrais remercier toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à l’accomplissement de notre projet, on espère pouvoir continuer à challenger l’impossible et changer le monde. Si dans la Silicon Valley on a réussi à créer Google ou Facebook pourquoi pas nous !!”

Benjamin LOMBARD :

“Merci pour tout Cédric et … MERDE pour la suite à toi et ton équipe. On vous souhaite plein de réussite et le meilleur dans votre projet de changer le Monde !”

 En espérant que cette interview vous a plu, n’hésitez pas à partager et commenter cet article.

Si vous souhaitez plus d’informations sur Infinity Space, je vous invite à regarder la liste des liens ci-dessous et évidemment à rester connecter avec le site Alumni Polytech Marseille.

www.infinityspace.fr

www.weshopup.com

 Quelque chose me dit qu’on n’a pas fini d’entendre parler de Cédric et de son équipe !

D’ici là portez vous bien !

Polytechment vôtre

Ben.